ACCEPTER L’IMPERFECTION: Trop de pression pour être parfait

On vit dans une société où l’imperfection n’a pas sa place. Tant dans nos vies personnelles que professionnelles. Tout doit être parfait à tous points de vues. Les médias et les réseaux sociaux sont là pour nous le rappeler à chaque instant de notre vie.La performance nous est renvoyée dans tous les domaines , et c’est valable pour tout le monde, sans exception; femmes, hommes et enfants. Mais à ce qu’il me semble c’est une pression encore plus forte pour les femmes. Qui savent déjà bien se mettre la pression toute seules en toutes circonstances. Et je sais trop bien de quoi je parle…

Il faut être parfait. Une carrière d’exception, un physique de rêve, une vie qui doit susciter l’envie, et peut importe les moyens ou les sacrifices pour y parvenir. Plus ou moins honnêtes, plus ou moins dangereux et risqués pour soi-même ou pour autrui. Des enfants beaux et performants dans leurs activités scolaires ou sportives, a-do-raaables! Un intérieur digne des magazines de décoration. Dans la presse s’étalent les vies parfaites de personnes parfaites, et sur les réseaux sociaux se sont les vies parfaites de tout le monde. Photos misent en scène, retouchées et travaillées. Tout est pensé, fait et présenté pour être transmis ensuite aux communautés. Mais tout ça ne met-il pas exagérément la pression aux gens ordinaires que nous sommes? Parce qu’on le sait bien « NOBODY’S PERFECT », oui personne n’est parfait ne l’oublions pas, pour rester soi même et authentique, sans falsifier nos vies. Assez de la perfection et de cette pression qui pèse sur nous et qui rend l’acceptation de soi encore plus compliquée.

Accepter d’être imparfait, c’est finalement s’accepter tels que nous sommes. S’aimer soi-même avec nos défauts et imperfections. S’aimer vraiment en pouvant s’affranchir du regard des autres et du jugement de ceux-là. Un jugement hypothétique et incertain qui plus est! Qui n’est bien souvent que le résultats de nos suppositions et de notre propre regard très dur sur nous même et nos vies. Accepter nos imperfections, c’est enfin réaliser que tout le monde pourrait se montrer tel qu’il est sans craintes. Avoir enfin de la bienveillance pour soi même . Poser un regard plus doux sur notre propre personne. Accepter que tout ne soit pas à l’image de ce qu’on nous montre, que tout ne soit pas « instagramable ». Justement, que toute chose puisse être montrée et partagée telle qu’elle est. Comme un plat cuisiné avec amour et implication qui au final n’est pas très photogénique, en est-il moins délicieux pour autant? Une personne peut être magnifique au naturel sans fards ni accessoires. Un jardin un peu fouillis, avec des feuilles mortes ou des branches moins droites ou non taillées, il aura son charme même s’il est différent. Arrêter de vouloir que tout soit parfait, encore plus si c’est juste pour la photo à partager sur les réseaux!

Je sais bien que les moyens nous sont donnés de pouvoir tout améliorer avec nos simples smartphones (sans parler des logiciels informatiques plus élaborés encore), toutes ces petites applications qui permettent de corriger nos clichés, de magnifier nos photos, de gommer les imperfections, jusqu’à celles de nos visages! On aurait tord de s’en priver c’est certain. Mais entre mettre en valeur la réalité et la falsifier carrément il y a un monde non? Arrêter enfin de vouloir que tout soit parfait surtout si c’est juste pour la photo! Pourquoi on fait ça? Je me surprends à en faire autant! C’est dingue et c’est malgré soi, c’est plus fort que nous. J’essaye de me reprendre quand je le réalise, pour rester honnête et apprendre petit à petit à aimer ce que je suis et ce que je fais même si c’est imparfait. D’autant que cette notion de perfection est très subjective finalement…

Je suis aussi une écolo imparfaite. Aux débuts de ma démarche pour réduire mon impact sur la planète et réduire mes déchets j’étais complexée de certaines de mes incompétences (que moi je voyais comme telles!). Devenir « zéro déchet », bio et minimaliste en cessant d’être moi-même et en étant dans le conflit perpétuel avec mon entourage. J’en retirais plus de mal-être et de rancoeur que de fierté. Jusqu’à lâcher prise et arrêter de culpabiliser. Un sachet de chips occasionnel pour faire plaisir aux enfants ne va pas ruiner la planète! Et tant pis si je ne peux pas exposer juste un petit bocal de déchets pour une année, je fais mon chemin, on progresse chaque jour dans la démarche, à tous les niveaux et c’est très bien. On mange moins de viande, très peu de nourriture industrielle emballée, quasiment tout en bio, nos placards et notre maison se désencombre petit à petit. On recycle et on composte. Nos achats sont réfléchis autant que possible, même si on s’autorise des craquages, éthiques et responsables quand on peut. On fait attention aux consommations énergétiques et aux pollutions que notre mode de vie peut générer. Et je trouve ça très bien au final, petit à petit on progresse, et ça valorise notre démarche au quotidien.

En voyage il m’est également arrivé de souffrir de cette perfection que tout le monde transmet. Face à des photos si sublimes et des commentaires élogieux on se fabrique une vision très idéalisée de certains endroits qui est au final très en décalage avec la réalité. J’ai vécu récemment cette distorsion à Bali. Me retrouvant confrontée à une réalité locale bien loin des posts Instagram ou des vlogs sur YouTube. Petit à petit j’ai de moins en moins consommé ces contenus « mensongers » à mon sens. Préférant utiliser mon temps dédié à ces activités en ligne pour des comptes ou des chaînes de personnes plus réalistes et sincères, plus vraies dans leurs partages de contenus. Ce qui a eu pour effet de me faire lâcher prise sur beaucoup de choses en sachant apprécier la simplicité et l’authenticité de certaines personnes, « influenceurs » ou personnes ordinaires, mais qui ont de belles choses et de belles valeurs à partager, avec honnêteté.

J’ai trop souvent été l’esclave de la perfection me mettant une pression énorme pour tout, je m’en rends compte à présent que j’ai pris de la distance avec tout ça. Mais je partais du principe que si ça n’était pas parfait autant ne pas le faire! Grave erreur de ma part…Ce qu’on supporte devient si monstrueux que certains s’en rendent malades au véritable sens du terme. Un jour ou l’autre ça craque. Au boulot, à la maison, dans les couples et les familles, voir tout à la fois. Certains craquent au point de se mettre en danger. De la simple déprime ou coup de blues, jusqu’à la dépression profonde. Du burn-out, accès de folie, crime passionnel ou suicide, à la maladie car le corps finit par exprimer ce que la tête refuse de voir. Ce sont des manifestations de ce que les pressions accumulées par une seule personne peuvent générer. Toutes ces émotions retenues, pour que tout soit « parfait » peuvent être dévastatrices. Facile à dire , mais si difficile à accepter, et trouver les moyens de s’en défaire.

J’apprends comme beaucoup d’autres à accepter de faire des choses imparfaites, de faire des choix spontanés sans y réfléchir des jours et jours, j’apprends à être imparfaite, c’est à dire être moi-même… Sortir dehors comme je suis, habillée et coiffée comme ça vient si ce jour là j’en ai envie. J’apprends à tenter des choses avec simplicité. Me lancer dans cette aventure du blogging même si je ne maitrise rien des outils, des procédés et procédures, moi qui suis encore à travailler avec mes cahiers et mes crayons! Alors le référencement imaginez… Si j’avais attendu d’être une spécialiste des métiers du web, de l’utilisation de programmes de publication, des logiciels de photomontage comme Photoshop, et j’en passe. Je serais sûrement morte avant d’avoir osé démarrer ce blog. Accepter de faire des erreurs, de se tromper ou de faire mal, justement pour s’améliorer et faire mieux la fois suivante. Je peux prendre en photo et publier des gâteaux moches mais délicieux quand même si j’ai envie de partager cette recette là.

Je m’étais interdit tellement de choses de peur de faire mal, de faire de travers, et d’être jugée de ça. Commencer quelque chose, c’est forcément être un débutant, c’est se donner le droit d’apprendre en faisant aussi des erreurs, ou pour un résultat moyen. Loin de la perfection. « Être » c’est pareil finalement. Avec bienveillance, tendresse et acceptation, être avec soi-même comme avec les autres. Dans nos relations comme dans nos actions il y aura toujours de l’imperfection aux yeux de quelqu’un, ou du moins bien pour d’autres. Laisser le jugement de coté, le notre comme ceux des autres, ne retenir que les conseils et les avis constructifs et désintéressés. Il y aura toujours des jours avec et des jours sans, c’est ainsi et c’est bien aussi.

(les photos de l’article, comme la plupart dans ce blog sont de Bienvenue en Bezonie, excepté le portrait au naturel, merci à Marine du blog Voyagez Autrement)

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