Jardiner responsable ; pourquoi je n’achète plus de plantes ni de graines

Dès que les jours rallongent, que les bourgeons pointent le bout de leur nez on sent que le printemps arrive, et c’est irrésistible on a des envie de verdure! Gratter la terre, faire des semis, planter, et faire pousser tout ce qu’on trouve. Partout ; bords de fenêtres, murs, balcons, terrasses ou jardin. On veut tout végétaliser. Pour l’esthétique et l’agrément, comme pour la subsistance avec des cultures potagères. En solo, à deux ou en famille, avec ou sans enfants, jardiner crée du lien même si c’est aussi une activité solitaire. En concentration, comme une méditation pour certains. Mais peu importe le pourquoi, on veut planter, admirer, et parfois même récolter!

Les industriels et les commerciaux du secteur l’ont bien compris, d’autant plus que le vert est à la mode. En décoration intérieure avec les plantes vertes, comme en extérieur avec les potagers en tous genres. Il y en a pour tous les styles, même au point d’avoir rendu tendance les plantes de nos mères et grand-mères comme les monsteras et autres caoutchoucs et ficus…

J’adore ça, mais il y a un bon moment que j’ai cessé de consommer ces « biens », à la maison comme au jardin. Et celà pour plusieurs raisons, bien que je sois une grande « fana » de plantes, arbres et arbustes, légumes et fleurs, bref tout ce qui pousse. J’ai la chance d’avoir un bout de jardin même si je vis en ville, et j’ai choisi de laisser sa place à la nature. Sans utiliser de produits phytosanitaires déjà, en laissant vivre le sol, en paillant et en faisant du compost également. Mais j’avoue qu’acheter du vivant me pose un problème quand même. J’ai commencé à me poser des questions il y a quelques années avec l’achat de sachets de graines pour le potager tout ce qu’il y a de plus banal. Une grande partie d’entre elles étaient notées « semences hybrides F1 ». Finalement, à force d’aller à la pêche aux informations, j’ai appris qu’il s’agissait de manipulations génétiques, afin de créer des variétés résistantes à des parasites ou des maladies, mais que ces manipulations rendent ces graines stériles et ne peuvent donc pas produire de génération suivantes. Ou alors ces générations seront défaillantes, peu productives, avec beaucoup de malformations et dégénérescences. Ce qui revient à acheter une boite de graines de petits pois qui seront productifs la première année, mais pas la peine de chercher à faire comme les anciens, à faire mûrir sur pied une petite partie de la récolte pour avoir des graines l’année suivante. Peine perdue, ca ne donnera rien, ou rien de bon en tous cas.

Pourquoi les producteurs de graines font-ils cela? Est-ce pour pousser les jardiniers à la consommation? On est en droit de se poser la question, quand on sait que c’est ce qui arrive aux agriculteurs qui ne peuvent pas ressemer une partie de leur récolte d’une année à l’autre. Ces semences sont peut être plus résistantes à certains égards, mais nécéssitent certains compléments chimiques et ont une appétence pour des engrais particuliers ou bien nécessitent des désherbants spécifiques (bien souvent produits par les mêmes groupes agro-chimiques). Bref, pour du potager familial ou un coin de balcon ça devient dingue quand même d’en arriver à penser que le process semble similaire à ce qu’il se fait dans l’agriculture intensive, nous prendrait-on pour des tomates?

La production et la vente de graines et de semences est très encadrée par la législation, bien que ces achats nous paraissent très anodins dans notre petit quotidien de jardinier en herbe. Pourtant ces manipulation génétiques sur les espèces végétales posent pas mal de questions et ne doivent pas être sans conséquences non plus. C’est appauvrir la biodiversité en standardisant ce que nous allons faire pousser sur nos bord de fenêtres! Alors dans le doute je n’achète plus de graines.

Les plantes et les plants me diriez-vous? Pareil au final, car en glanant un peu des informations deci-delà on réalise que leur production est très encadrée certes, mais additionnée de chimie, et également soumise aux manipulations génétiques. Ne sélectionnant que les espèces répondant aux critères retenus. Leur production est aussi très polluante et énergivove ; serres chauffées, engrais chimiques, transports. Comme c’est le cas pour ces orchidées Phalaenopsis qu’on voit chez tout le monde. Produites de façon industrielle, en serres avec températures et éclairages très controlés, des nutriments dosés au milligramme… On comprend aisément pourquoi arrivées chez nous elles ne font pas long feu pour la plupart, ou elles vivotent. Sauf à raison de beaucoup de soins par les plus attentionnés d’entre nous et de composés « spécial orchidées » toutes les semaines, alors que dans la nature sous des climats appropriés elles se suffisent à elles-mêmes, poussant sur les troncs d’arbres dans les forêts, avec de multiples variétés de formes et de couleurs. Celles qui nous sont vendues sont produites dans des standards industriels, bien loin de la nature, et leur vie va souvent être de courte durée, vouées à être vite jetées comme de vulgaires paires de chaussettes trouées. Alors qu’on peut les voir si belles dans tous les magasines de déco, dans des intérieurs très tendances. Pourquoi veut-on reproduire ça chez nous, alors que cela va engendrer du gaspillage et de la pollution? Alors je n’achète plus de plantes pour ne pas entretenir ce système. Et celà, même si les promenades dans les jardineries sont des parenthèses de bonheur végétal dans nos vies de citadins, comme des invitations au jardin d’Eden, j’essaie de ne plus me laisser duper maintenant que je sais. Cette surconsommation est bien loin des pratiques de jardiniers ou d’amateurs de belles plantes des générations précédentes.

Nous sommes en droit (et devoir) de nous poser ces questions quand on aime la nature, les plantes, les arbres et les fleurs. Comment sont-ils produits? D’où viennent-ils? Quelle est l’empreinte écologique de ces productions? Y-a-il un peu d’éthique derrière ces manipulations génétiques? Dans quelles conditions? C’est compliqué de vouloir devenir responsable dans des aspects aussi anodins de notre quotidien, comme d’avoir une plante à la maison ou un pied de tomates dans le jardin. Mais c’est bien d’en être conscient.

Je n’en ai pas pour autant renoncé à agrémenter mon intérieur de plantes et cultiver mon petit bout de jardin, parce que d’autres alternatives sont possibles, intéressantes et même enrichissantes.

LA CUEILLETTE

Attention, il est des endroits où elle est réglementée, voir interdite. Mais lorsque c’est possible, prélever un peu dans la nature pour faire pousser ailleurs est une solution intéressante, parce que ces végétaux sont acclimatés, ils poussent dans la nature, ils sont résistants à leur environnement, se renouvellent seuls ou avec l’aide d’auxiliaires (oiseaux, insectes). Ils sont sains et leur production n’a généré aucunes nuisances ni pollutions. Certaines plantes sauvages sont intéressantes à installer dans nos coins de verdure; fougères et lierre, menthe ou bourrache, des petits plants d’arbres (glands germés) tout est possible. Sans piller, gaspiller ni dégrader bien entendu.

LE BOUTURAGE

C’est très intéressant, facile et ludique même pour de nombreux végétaux. Certaines pratiques de bouturage sont un peu plus techniques que d’autres (le marcottage par exemple). Mais parfois tout simplement il suffit d’une pousse ou d’un rameau pour refaire une nouvelle plante dans de l’eau, ou directement en terre. C’est le moyen de faire des échanges avec la famille, les amis ou les voisins. Chacun a son savoir-faire, et nous n’avons pas tous les mêmes trésors végétaux chez nous.

Certains arbustes se bouturent très bien ; lauriers roses ou palme, orangers du Mexique, groseilliers, cassis, forsythia, vignes. Un rameau directement en terre fait facilement des racines, comme pour les figuiers d’ailleurs. Les plantes comme les papyrus se bouturent dans de l’eau. Géraniums, fuchsia. A partir des bulbes ou des tubercules il est aussi possible de diviser des plantes (hostas, topinambours, oseille, rhubarbe…). Beaucoup de plantes grasses de la famille des succulentes peuvent se multiplier de façon assez déconcertante. Tentez des expériences, au jardin comme avec les plantes de la maison, c’est très intéressant et vous ne risquez pas grand chose, sinon que d’avoir la satisfaction que ça marche. Malgré les échecs possibles, la patience et la persévérance donnent souvent de belles réussites.

GRAINES, PÉPINS ET NOYAUX

Dans les fruits, les légumes ou les fleurs, gardez les graines arrivées à maturité. Certaines doivent être séchées avant de germer l’année suivante, d’autres misent dans de l’eau ou à l’humidité germent assez vite. Courges et potirons de l’hiver, pommes et poires (même si c’est assez technique , certains y parviennent), le classique noyau d’avocat fonctionne assez bien. Et puis les légumes comme les tomates et poivrons sont interessants également, il suffit d’en garder les petites graines. Faire de même pour les fleurs du jardin ; cosmos et roses d’Inde, glycine…

Là encore on peut tenter des expériences en tous genres, pas de limites si on est un peu curieux. Ces pratiques étaient du bon sens chez les anciens, permettant de perpétuer les cultures maraîchères, de faire ses pots et jardinières d’une année sur l’autre, de renouveler les vergers et les vignes.

Quand les expériences sont positives, quel plaisir et quelle satisfaction. Faire de jolis pots, pour offrir ou échanger. Installer de nouvelles plantes au jardin, semer des parterres de fleurs, ou mettre en terre des petits plants de tomate. J’avoue qu’avec la famille, les amis et les voisins c’est ce que nous faisons régulièrement, ce qui permet d’avoir de la variété et des nouveautés. C’est gratifiant de faire profiter d’autres autour de soi quand on a une belle réussite.

Cette manie me suit partout, en promenade ou en voyage, chez moi ou de passage chez d’autres. Je garde des graines et des noyaux pour tenter de les faire pousser une fois rentrée chez moi. Il m’est arrivé de faire voyager quelques boutures ou petits plants. Cependant soyez vigilants, car certains pays n’autorisent pas le voyage d’espèces végétales, pour protéger les espèces endémiques, ainsi qu’éviter également l’importation de parasites et maladies (renseignez-vous avant d’en mettre dans vos valises!).

Si vous aimez vous entourer de plantations, que les plantes vous apportent du bien être et du bonheur, que vous êtes heureux de mettre votre persil sur vos plats, ou de déguster vos tomates cerises, Je ne peux que vous encourager à vous poser quelques questions sur vos pratiques de jardinier en herbe ou d’amateur éclairé. Et si par contre le « fait-maison » vous dépasse un peu trop, ou ne vous intéresse pas spécialement, que l’alternative commerciale reste la meilleure pour vous. Regardez tout de même la provenance de vos plants, évitez les espèces hybrides, privilégiez les petits pépiniéristes et les plants issus de l’agriculture biologique. Pour les graines et semences il y a également des producteurs qui ont une éthiques durable et responsable comme par exemple Kokopelli leur site c’est par içi.

Moi j’aime faire pousser des petites graines, ça me réjouit comme quand les gosses font pousser des lentilles ou des haricots à l’école. J’espère que cet article vous aura interressé, et qu’il aura planté une petite graine dans votre esprit pour un jardinage encore plus green! Et je sens que certains sont déjà en ébullition pour aller faire des semis…

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